
Escapade
sur le vignoble... de chateaux en abbayes
Samedi
25 novembre 2000
Départ de Montpellier
ce samedi, rendez vous à 9 h30, nous étions plus
de vingt à prendre la direction de Montagnac vers le Château
de Saint-Martin de la Garrigue.
Reçus par Monsieur
Zabalia, le responsable de l'exploitation, il fut notre guide pour
une visite étonnante à plus d'un titre. Le chais
modernisé depuis le rachat du domaine en 1992 par Umberto
et Grégory Guida nous renseigne sur la volonté des
propriétaires à faire un vin de haut niveau. Tout
est conçu ici pour respecter le raisin, puis les moûts
et le vin qui fini son élevage dans un superbe et immense
chais à barrique. Tout ce modernisme n'oblige pas à oublier
le passé et l'identité du terroir languedocien. Le
Château est toujours là, restaurée lui aussi,
splendide avec la petite chapelle romane qui le jouxte et dont
les origines remontent au XIIe siècle.
La dégustation
eut lieu au premier étage, dans une salle spécialement
aménagée. Nous découvrîmes le Picpoul
de Pinet aromatique et équilibré, puis le Coteaux
du Languedoc blanc, racé et profond et enfin le Chardonnay élevé en
fut, gras et long. Les rouges sont également remarquablement
concentrés et typés avec la cuvée Bronzinelle,
charnue et savoureuse et le grand rouge Vin de Pays d'Oc, élégant
et puissant.
À quelques kilomètres
de là, Christophe Savary de Beauregard s'occupe du domaine
de la Vernazobre. Ici, point d'architecture féodale ou de
folies du XIXe c'est un véritable mas languedocien très
entretenu et fleuri qui accueille la cave et les corps d'habitation.
Le chais modeste démontre la volonté du maître
de produire des vins simples, sincères, respectueux de la
nature et du consommateur. C'est dans la vieille cave, directement
des cuves ou des tonneaux, que nous dégustâmes le
millésime 2000. Les participants ont donc apprécié la
fraîcheur des blancs et le fruits des rouges encore présentés
en cépage isolé.
Le soleil nous faisant généreusement l'honneur de sa présence
ce jour là, nous pûmes déjeuner dans la cour et nous régaler
de tartes aux légumes, de tièles, de charcuteries, fromages et
mousse aux chocolat préparés maison. Les vins blancs, rosés
et rouges, cuvée "la petite cour" et "cuvée mathilde" furent
appréciés dans ce contexte de plaisir optimal.
C'est avec une heure de
retard que nous arrivâmes à l'Abbaye de Valmagne.
Mais nous fûmes excuser par Madame d'Allaines qui sait très
bien que le vin est une excellent "lubrifiant culturel"!
La visite débuta par l'abbaye proprement dite, son église
gothique de 83 mètres de long et 23 mètres de haut,
le cloître et sa fontaine, la salle capitulaire, la petite
chapelle... puis la cave de vinification, fief de Philippe d'Allaines
fils de la maîtresse des lieux, qui nous expliqua tous le
processus de vinification et la sélection des différents
terroirs qui entourent l'Abbaye.
La dégustation
se déroula dans une des salles de l'abbaye, autour des vieilles
pierre et autres décorations dédiées au comte
de Turenne (le propriétaire des lieux dès le début
du XIXe).
Les
vins blancs issus de marsanne, viognier, roussane et grenache sont
bouquetés et fins, les rouges AOC, bien constitués,
restent des modèles de suavité et de caractère
méditerranéen avec leurs arômes puissants de
fruits noirs, de réglisse et d'épices de garrigue.
Le petit dernier est un
vin de pays nommé "les dix arpents du frère
nonenque". C'est un joli rubis brillant aux parfums de cerises
et de cassis, de régisse et thym. Voilà une vrai
gourmandise, croquante et gouleyante composée de cépages
anciens et notamment de morastel, vendu à un prix angélique
(28 FF au caveau).
Super samedi, passé dans les vignes où l'Esprit du Languedoc était
présent, quelques part entre XIIe et XXIe siècle.