Corton Charlemagne

Restaurant Mazerand, à Lattes (Hérault)

À quelques kilomètres au nord de Beaune se situe le mont de Corton, appelé aussi « la montagne ». C’est à son sommet que l’on produit un splendide grand vin blanc de Bourgogne: le Corton Charlemagne. On prétend que l’Empereur mérovingien possédait des vignes à cet endroit, c’était au VIII e siècle. Il en fit don à l’abbaye de Saulieu qui les exploita pendant près de mille ans !

Les vins suivants ont été dégustés dans cet ordre, bouteilles apparentes, en verre Spiegelau expert. Pour affronter les 9 puissants exemplaires de la dégustation, nous nous sommes « préparé » le palais avec une mise en bouche issue du terroir voisin.

Pernand-Vergelesses – Domaine Benoît Germain  « les combottes » 2004
D’une belle couleur jaune argent brillante et d’un abord très abordable, ce chardonnay typique nous a séduit par sa finesse aromatique de fleurs, de pierre et sa jolie fraîcheur finale. Un vin charmant pour un prix divin (12€)

La Dégustation

Domaine Girardin 2003
Le premier contact est une couleur jaune pâle, brillante et un nez assez austère manquant de netteté. Celui-ci tente de s’exprimer dans le verre avec des notes élégantes de fleurs blanches et de citron que l’on pourrait associer à une récolte imparfaitement mûre, ce qui paraît étonnant en 2003! La bouche, sobre et élégante, déçoit un peu à ce stade, fraîche mais trop fluide pour un grand cru. Il demande selon moi une certaine garde pour le voir s’exprimer sous un meilleur jour.

Olivier Leflaive 2003
D’une couleur jaune or brillante, le vin d’Olivier Leflaive révèle de fines notes gourmandes de poires, noisettes, guimauve et anis. Il séduit par un caractère charnu, riche et pulpeux dans le plus pur style du terroir et par sa longueur « pierreuse » et franche.

Domaine d’Ardhuy 2002
Ce vin finement bouqueté, présente un caractère moyennement corsé. Floral, légèrement mentholé, il est aussi dominé par des notes minérales et des arômes doux de fruits blancs grillés. D’une bonne tenue en bouche, il finit par une riche et un peu chaude persistance.

Domaine Michel Voarick  2001
Avec une couleur jaune or soutenue, on devine une évolution prématurée. Le nez le confirme par ses notes oxydatives de pommes et autres fruits blancs compotés. Malgré une attaque ronde et charnue, la bouche est catastrophiquement déséquilibrée et dure. Achetée en grande surface, cette bouteille semble avoir souffert d’une conservation aléatoire.

Domaine Bouchard Père & fils 2000
Le grand cru révèle dès le premier nez, de superbes arômes de noisettes, d’herbes mouillées, d’abricot et de poires juteuses. Opulent, généreux et gras, c’est déjà un plaisir hédoniste qui attend l’amateur, séduit par ce nectar à la longueur exhaustive.

Domaine Louis Jadot 1998
D’une présentation douteuse à prime abord (étiquette moisie et abîmée), la couleur évoque un vieux vin, pourtant il n’a pas 10 ans.  Le nez évoque immanquablement des notes de pommes et de mousseron. La bouche est fine, un peu maigre, dotée d’une certaine élégance qui fait penser à une vieille dame anglaise à la voix aigrelette, binocle sur le nez et châle sur les épaules, tenant une tasse de thé de Chine à la main, son chat posé sur les genoux !!!

Domaine Rapet 1989
On le sait, c’est à son Corton Charlemagne que le domaine doit sa belle réputation.  Le cru du millésime 89, terriblement mûr, car certainement ramassé à parfaite maturité, regorge de riches arômes de toast grillés, d’abricots, de pain d’épices, et de poires au sirop. La bouche est concentrée, riche, massive (certains l’ont trouvée brutale) et d’une longueur aussi longue que précise.

Domaine Bonneau du Martray 1988
C’est la star de l’appellation, le domaine incontournable, dont les vins nécessitent au moins 10 ans de garde. Celui-ci, de presque 20 ans, le confirme… Il n’a pas pris une ride! Voilà une expérience fabuleuse que de goûter ce vin jaune paille brillant, onctueux, au bouquet divinement subtil et fin, aux arômes de fruits exotiques, de fleurs épanouies, d’épices rares. La bouche ronde  et parfaitement équilibrée exprime des notes de poires pochées, de miel, de pierres à briquet et de noisettes. La finale rare et toujours savoureuse imprime sur le palais des notes de soleil couchant. Magnifique !

Le repas

Blancs de volailles fermières et petits champignons

Corton Charlemagne  – Domaine Follin-Arbelet  2002
C’est un vin généreux, puissant et d’une grande finesse. Élégant, au fruité franc et minéral, il se révèle délicieux et se met au service du plat proposé ce soir.

Pommard-Rugiens  – Domaine Jean Luc Joillot  2005
Robe rubis intense, nez très aromatique et fruité, bouche riche ample et dotée de jolis tanins, voilà un vin superbe et franc qu’il vaut mieux patienter.

Variations de chocolats, coulant, glace et mousse noire

Vin Doux Naturel « sans appellation »  –  G de Gasparets  1999
Ce vin des Corbières (qui n’en est pas un, car muté pour obtenir un vin doux) rappelle les plus beaux Maury classiques. Rond, fruité, d’une gourmandise absolue, il est sans reproche pour affronter ces variations divines de chocolat.

Merci à tous,

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