Château Pichon Comtesse de Lalande, en verticale

 

Ce matin d’avril (1991), nous pénétrons dans la cour du Château, la lumière oblique met en relief toute la richesse des murailles, les différents niveaux d’architecture s’harmonisent en un ensemble splendide où se mêlent l’ancien et le moderne. Nous rangeons la voiture dont les roues crissent sur le graviers. Un cèdre immense, plus que centenaire, abrite l’entrée du chais d’où vient de sortir une jeune dame d’allure impeccable. Elle s’avance vers nous, un sourire de bienvenue aux lèvres, ce sera notre guide. Elle se présente et nous invite à la suivre vers le bâtiment central. Nous y entrons, le rêve commence… nous sommes dans le coeur du Médoc… Samedi19 juin à 20h30, nous étions nombreux à la dégustation verticale de l’année, consacrée au “super second”: Château Pichon Longueville Comtesse, Comtesse Lalande (2ème Grand Cru Classé – Pauillac)

Pichon-Comtesse

Acquis il y a quelques jours à la société Millésimes à Maussanne (bouche-du-rhône), six flacons religieusement préparés nous attendaient: 1990 – 1986 – 1983 – 1982 – 1976 – 1955.

1990 – “le fougueux”
Robe : Violacée au rouge profond, magnifique de netteté
Nez : Riche où le boisé présent met remarquablement en valeur les saveurs de fruits rouges sauvages, de cerises, d’airelles ainsi que des notes beurrées,briochées et onctueuses de cire. Bouche: Expressive, elle démarre comme un 14 juillet au bruit du canon et aux couleurs du soleil. Les tannins fermés et serrés laissent envisager un avenir grandiose.

1986 – “le superbe”
Robe : Rouge grenat foncé d’une profondeur enivrante. C’est la perfection d’un médoc. Nez : Majestueux et puissant, extrêmement complexe où les arômes se présentent en myriades successives au long de l’aération. Le fruit en compote, la noix fraîche, la réglisse, le cèdre, le sureau, la truffe même en nuance fine et épicée. Bouche: Elle ne déçoit pas après un tel festival. C’est gras, ample, d’une noblesse qui côtoie la tendresse et vous fait tressaillir.

1983 – “le majestueux”
Robe : Dix années ont donné à cette bouteille une robe magnifique où les reflets brunissant se marient avec le grenat et le pourpre. Nez : Il étonne par sa finesse sur des notes brûlées : café, pain grillé, cacao, cerises confites, cassis, toute en nuances finement dessinées et concentrées. Bouche: Elle arrive énorme et écrasante de matières. La complexité est au rendez-vous, l’élegance, l’équilibre… les mêmes adjectifs reviennent avec “souplesse” en plus, et cela dure, si bien qu’après la dernière gorgée, on se surprend à rêver des coteaux onduleux qui “regardent la rivière”.

1982 – “le merveilleux”
Robe : Costume de la “Dame aux Camélias” : le velours et la soie.pichon_comtesse Nez : « Effarant » de complexité, d’équilibre, de beauté, de magie. Bouche: Elle est splendissime et un silence d’anges se pose sur l’assemblée… dès l’attaque, on sent la différence d’un vin qu’on pourrait qualifier de parfait. Le plaisir monte pour finir en apothéose, l’émotion est à son comble, on croit rêver… C’est “l’hymne à la joie” ! (par l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam: 80 exécutants, 300 choristes, direction Bernard Haitink- disque Philips). Il serait intéressant de le comparer à un 1er grand cru classé !

1976 – “le tendre”
Difficile après ce choc de sortir du rêve, comment faire mieux ? Cette bouteille choisit un autre chemin, celui de la finesse, de la sincérité et du charme. Le final est magnifique de retenue et de tendresse.

1955 – “le héros”
Bouteille magnifiquement conservée, niveau incroyable pour un vin de cet âge.. presque sous le bouchon. Par précaution, le vin n’a pas été carafé… il s’est ouvert doucement dans nos verres pour notre plus grande admiration. Fin et concentré, paraissant 20 ans de moins, il a épaté les épicuriens que nous sommes par sa tenue impeccable. Complexité et couleur splendide, aucune note oxydative excessive. “le chapeau tenant bien droit!”. Le café et le chocolat dominent encore, ensuite venaison et champignons poêlés, olives, truffe fraîche… Que d’émotions ! C’est l’exemple parfait d’un grand Pauillac, sur un grand millésime qui tient remarquablement ses promesses contre le temps.

Merci pour tout ce plaisir,
Vive Pichon Comtesse Merci à vous tous,

Daniel Roche 

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