Léoville Las Cases, de la race des seigneurs

“… Léoville las Cases produit un très bon vin, quel est son secret ?

Bien sûr à l’origine il y a un sol adéquat, une association ingénieuse de cépages, et des techniques de vinification et de maturation appliquées avec intelligence et passion. Mais on rencontre aussi un homme qui non seulement aime son vin mais de plus qui est déterminé et dont les buts sont les suivants : aucun produit de seconde qualité ne sort de la propriété étiqueté “grand vin” ? Il se donne les moyens en main d’oeuvre, en trésorerie. Il assure que rien n’est laissé au hasard et que tout est fait pour que le vin soit aussi parfait que possible?
L’homme qui se cache derrière le Château Léoville las Cases, c’est Michel Delon*; un des rares “propriétaires récoltants” dans le Médoc, c’est à dire qu’il cumule à la fois le rôle de propriétaire et celui de directeur général… Il est imprégné par le vin, à la fois traditionaliste et prêt à tenter de nouvelles expériences. Quand il s’exprime, comme par exemple, en ce qui concerne un petit millésime tel 1987, seule la moitié de la récolte devait passer en fût neuf car même un vin charpenté et musclé comme Léoville las Cases, aurait été excessivement boisé, trop boisé. Vous pouvez parier qu’il ne s’agit pas d’une vaine affirmation: il a testé et goûté et a prouvé qu’il avait raison….” Clive Coates (1989)

Les commentaires sont d’Alain Asselinleoville_las_cases_gate2

Dégustation verticale du Château Léoville las Cases
(2ème Grand Cru Classé -Saint Julien)

1987 
Rouge tendre. Arômes confits, boisés, grillés, champignons. Les tanins sont encore vifs, la bouche est pleine. On note déjà la marque de l’élégance et l’absence de faiblesses supposées par le millésime. Plat conseillé par un de nos dégustateurs : lièvre à la royale.

1985
Le vin accompli ! “équilibre royal”. Robe vive et harmonie parfaite entre nez et bouche. Café, cacao, réglisse, cuir, menthe. Matière et longueur impressionnante, “un étalon”, “un concentré de plaisir…”, “J’ai plus de vin” s’écria une des dégustatrices lorsqu’on lui demanda son opinion!

1983
Autrement séduisant. Rubis profond, arômes de fruits confits, épices, poivrons, mâche impressionnante, souplesse, acidité (de réserve), structure plus serré avec une très grande fraîcheur. “On le suppose immortel”,“Finale divinement épicée”, “Merveilleux ! peut tout accompagner…”

1979
Dans la section “vins évolué, à maturité”, compartiment “très grande classe”
Reflets tuilés, arômes coing, pâtes de fruits, roses fanées, fruits secs grillés. Bouche extrêmement subtile, fondue et merveilleusement élégante. “incomparable classe bordelaise”,“ l’art consommé du vin à son apogée”.

1978
Même section. Robe à peine plus pâle, reflets bruns typiques. Arômes de fraises, cuir, cacao, caramel, comme pour le 1979, rappel de notes en bouche avec en plus du végétal: lierre, menthol, thym. Même élégance, longueur sensiblement identique. Matière vive d’un vin “ bien né ”. “Ampleur géniale”, “Style vieille France”.
Plat conseillé par notre spécialiste en gastronomie: poularde en demi-deuil.

1970
Un des millésimes du siècle. On perd le vocabulaire devant un vin de cette classe. Hors-classe peut-être… tant l’harmonie règne. Robe à peine froissée par le temps. Nez et bouche d’une complexité unique. Tous les arômes classiques sont là, se complétant de façon magistrale .Ce ne sont pas les arômes presque exubérants qui nous ont séduits sur le 83 le 85 et même le 87, non plus ceux plus classiquement élégants des 78 et 79, mais peut-être le résultat d’un assemblage de deux tendances. Comment traduire un vin parfait ? Oserait-on le comparer à une autre oeuvre d’art « achevée” exactement ? Chacun de nous aura sans doute ses propres références comparatives. Permettez moi d’en énoncer une: “la Cène” de Léonard de Vinci, fresque exposée à Milan et dont Henri James disait “une oeuvre conçue avec une pareille noblesse ne peut jamais mourir tout à fait”
Il nous reste notre mémoire gustative. Souvenir d’une trame magnifique. Inoubliable ampleur.

(tous ces vins sont à boire entre 1990 et 2013 c/o Clive Coates)

  • Comment résumer une dégustation d’un tel niveau ? (merci Monsieur le Président).
  • Il faut d’abord souligner l’incroyable constante de la très haute qualité du vin d’un millésime à l’autre.
  • Énoncer les multiples arômes à la fois généreux et nuancés.
  • Définir cette harmonie pleine et élégante.
  • Rappeler que “second cru classé” ne traduit qu’imparfaitement le rang et la race des premiers.
  • Apprécier l’alliance heureuse et savante d’un terroir exceptionnel, de vignes soigneusement menées et la main d’un vinificateur de talent.
  • Pratiquer l’hédonisme couramment.

Merci à Vous
danielroche

(Commentaires rédigés par Alain Asselin, le 28 juin 1992)

* Michel Delon est décédé en Juillet 2000 et son décès a laissé un grand vide. Aujourd’hui le domaine est entre les mains de son talentueux fils Jean Hubert qui bénéficiant de l’enseignement et de l’expérience de son père continue la lignée des vins grandioses initiée par celui-ci. (ndlr)

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