Saint Julien, grands crus de Bordeaux

Au Bistrot d’Ariane, lattes

“La renommée de Saint Julien n’est pas à la mesure de sa superficie, la moins étendue de toutes les appellations classiques du Médoc. C’est là, en revanche, qu’apparaît la plus forte concentration de vignobles d’AOC, et les domaines y sont assez vastes…” Tom Stevenson Encyclopédie mondiale du vin

Les vins ont été servis dans cet ordre, étiquette découverte, en verre Spiegelau expert. Les bouteilles de Léoville Poyferré 2000 et Léoville Barton 1994 ont été carafées à l’avance.

Château Léoville-Poyferré 1971 (2éme cru classé)
Admirablement conservé depuis 32 ans (niveau dans le goulot), le vin présente une couleur tawny. Le nez reste plaisant aux arômes de champignons, de fleurs séchées, légèrement mentholés et épicés. La bouche ne fait illusion qu’à l’attaque où une certaine rondeur se fait sentir, le milieu de bouche apparaît creux, maigre et dilué.

Château Léoville-Poyferré 2000 (2éme cru classé)
Voici une superbe réussite dans ce millésime fastueux. La robe est concentrée rubis pourpre, le bouquet s’ouvre avec puissance (viande grillée), puis évolue avec élégance sur des notes de vanille, de fruits noirs, d’arabica, de réglisse douce, de boîte à cigare. Sur la langue, le vin roule, rond, gourmand, velouté, le toucher de bouche est admirable, fin et long. Ce vin de grande tenue mérite une bonne garde.

Château Talbot 1990 (4éme cru classé)
Ce très réputé domaine de 100 ha, propose un 90 plus fin que puissant mais adorablement savoureux. La présentation est parfaite, grenat largement bordé d’orange. Le nez s’ouvre doucement sur des parfums de fruits rouges compotés, de cuir, de fleurs épanouies, de chocolat. La bouche étoffée, s’installe en bouche en finesse, l’équilibre est parfait. Aromatique, la finale est souple, longue. Voilà un vin quasi-parfait qui se boit tout seul, pour le plus grand plaisir de l’amateur hédoniste.
Château Léoville-Barton 1994 (2éme cru classé)
Acquis par Hugh Barton, en 1826, ce domaine n’a jamais quitté cette famille irlandaise. À ce jour et après six générations, Anthony Barton est secondé par sa fille Lilian pour produire avec régularité ce que nous considérons être un des plus fameux vins du Médoc. Celui ci ne déroge pas à la règle. Rubis foncé, il développe un nez intense de chocolat noir, de fruits des bois confits, de grillé, d’herbe rôtie. La bouche est remarquablement fraîche, jeune, élégante et charnus. les tanins sont superbement doux, savoureux et la longue finale laisse l’impression du vrai classicisme à la bordelaise. Fameux!
Château Lagrange 1998 (3éme cru classé)
Racheté en 1985 par le japonais Suntory, beaucoup n’avait pas misé lourd sur l’avenir de ce superbe domaine ( l’Epicuvin y a été reçu en 1993). Ils ont eu tord car les vins du Château Lagrange sont depuis régulièrement classés parmi les meilleurs de St Julien,voire du Médoc. La philosophie du vinificateur, Marcel Ducasse, est de produire un vin apte à une longue garde mais agréable à boire dès sa jeunesse. C’est le cas de 98 encore enfant, à la robe pourpre noir et au bouquet puissant de fruits grillés, de toast, de tabac blond, de pruneau. La bouche démontre sa virilité par des tanins serrés et fins. Un bel équilibre vient entretenir l’ensemble et les arômes de fruits confits lui donnent un profil gourmand et suave.
Château Gruaud-Larose 1985 (2éme cru classé)
Ce cru réputé pour être long à s’ouvrir présente aujourd’hui, après bientôt 20 ans, une robe superbe, grenat pourpre foncé. Le nez présente le meilleur du terroir de St Julien avec ses notes de cacao, de fruits noirs, de burlat, de terre mouillée, de truffe. C’est un plaisir assurément que de goûter à cette bouche soyeuse et mûre, élégante, riche de matière, superbement équilibrée et longue. Ouahou!

Château Ducru Beaucaillou 1981 (2éme cru classé)
Propriété de la famille Borie depuis 62 ans, il tire son nom de son premier propriétaire et de la nature de ses sols. On a compris, nous sommes ici dans l’élite. L’endroit en bordure de Gironde et le terroir sont superbes. Superbes aussi les vins, et ce 81 qui a tout pour plaire: robe grenat profond, bouquet net et riche de viande fumée, de caramel et de cassis confituré, bouche séduisante, racée, pleine d’énergie et de souplesse, un vin au sommet de son apogée. Un bémol cependant,“les tanins sont un peu durs mais pour accompagner un gigot, je suis partant!” déclare un participant.

Château Léoville-Las Cases 1981 (2éme cru classé)  Trouver ce vin
Ce cru, dont les vignes jouxtent celle du Château Latour est en tout point exceptionnel. C’est incontestablement un des plus grands vins du bordelais. Puissant, harmonieux, régulier, il épate toujours l’amateur qui décèle en lui une caste hors du commun*. Sans ostentation, le 1981 offre des parfums intenses de fruits grillés, de tabac, d’épices douces, de cèdre, de réglisse. La bouche offre un moment de réel bonheur par sa présence suave, équilibrée, raffinée et classique. La finale est magnifiquement longue exhibant un fruité superbe (cerise noire caramélisée)… la grande classe !
Voir la verticale Léoville las Cases du 28 juin 1992*

Encore merci à tous pour tout ce plaisir, aux vinicateurs géniaux de St Julien, aux amateurs de l’Epicuvin sans qui ces soirées ne seraient pas réalisables.

Ont été dégustés en parallèle pendant le repas:
Château Léoville-Barton 1992 (2éme cru classé) 
Château Ducru Beaucaillou 1992 (2éme cru classé) 

Daniel Roche

 

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