Saint-Julien et ses grands crus classés

Au Bistrot d’Ariane à Lattes (Hérault)

    Le terroir de Saint Julien ne possède pas de 1er grand cru classé, mais c’est certainement l’appellation bordelaise qui offre la plus grande proportion de vins rouges véritablement excellents.
Voici neuf des meilleurs châteaux, tous classés (à l’exception d’un cru bourgeois et d’un deuxième vin), choisis sur une amplitude de 30 ans.
Les vins ont été ouverts la veille, dégustés dans cet ordre, sans connaissance du nom ni du millésime.
Pour bousculer les papilles et les idées reçues, un pirate a été introduit dans le groupe…Verdict ?

Château Talbot 2006
D’un rubis pourpre foncé, le vin nous offre un bouquet puissant et fin, où senteurs de cèdre, de cacao, de fruits noirs et de cuir viennent harmonieusement se mêler, bref un style classique. En bouche, une belle fraîcheur vient égayer l’attaque, tandis que le palais apprécie son velouté et sa puissance. Bien trop jeune pour s’exprimer pleinement, la finale semble austère s’appuyant sur des tannins fins.

Château Gruaud-Larose 2002
« Ce vin est impressionnant… » S’écrie un participant dès le vin versé dans le verre. En effet, sa robe vêtue de rubis pourpre brillante se laisse admirer, tout comme son nez qui se distingue par de généreux parfums de tabac, de cuir, de gelée de groseille, d’eau-de-vie blanche. Il se révèle en bouche par un caractère ouvert et gourmand, une vraie richesse aromatique, des tanins fins et puissants et une superbe allonge en finale.

La Régalona – AOC Cabardès 2003 (le pirate)
La robe impose sa noirceur violette et son nez explose de fruits compotés, de réglisse poivrée et de cassis … Ça sent le pirate ! Démonstrative, la bouche est une bombe sensuelle, d’un caractère exotique. Issu d’un millésime on ne peut plus solaire, ce vin sudiste charnu et gras, présente une matière formidablement riche et boisée, marqué par la mâche. Cependant l’ensemble paraît assez simple et direct, manquant de complexité.

Château Beychevelle 2003
Il se présente noir et brillant comme une panthère. L’élégance ne s’arrête pas là car le vin nous gratifie d’un séduisant bouquet de gelée de myrtille, de cacao noir, de cerises et d’épices. Suit en bouche un ensemble moyennement corsé et fin qui révèle, outre une précision du meilleur aloi, de superbes arômes de fruits et cuirs sur une texture dense, sensuelle et des tannins serrés. La longueur prolonge encore le plaisir…!

Château Lagrange 1998
Habillé de pourpre au disque brunissant, le vin montre ses muscles et sa rondeur veloutée, son nez fruité et végétal manque d’un certain naturel. Le boisé en rajoute avec ses notes empyreumatiques et vanillées qui perdurent en bouche. Mais sa matière généreuse, son équilibre vitalisant, ses tannins précis de belle facture convient aux amateurs gourmands.

Clos du Marquis  1995  (2e vin de Léoville-Las-Cases)    –  
On se réjouissait à l’avance de déguster ce 2e vin en général superbe, vinifié avec la même précision et le même talent que son grand frère, mais son bouchon l’a imprégné de ses molécules malignes et nous n’avions pas de roue de secours… Dommage !

Château La Bridane 2002 (le cru bourgeois)
Ce vin s’impose comme une belle réussite avec sa robe d’un pourpre profond, aux classiques senteurs de fruits noirs et de poivrons grillés et de tabac. Il présente une douce souplesse, étayée par une faible acidité et une finale élégante et persistante.

Château Léoville-Barton 2001
Des arômes de boîtes à épices, de tabac, de cake, de groseilles présentés dans un ensemble un peu brouillon, annoncent un vin moyennement corsé, souple et accessible. Joliment fruitée et épicée, la finale est délicieusement dessinée.

Château Léoville-Poyferré 2000
Malgré son caractère peu évolué, il présente une robe rouge foncée brillante, ainsi qu’un généreux fruité de cassis nuancé d’épices, de moka et raisins au rhum. Attestant une vinification impeccable, il se montre corsé, rond, et serré en bouche où il déploie une concentration et une pureté extraordinaires. Sa structure monumentale et la sérénité de son équilibre devraient permettre à ce vin d’offrir encore bien des moments de satisfaction à ses heureux possesseurs.

Château Léoville las-Cases 1981
Le dernier vin a été dégusté en connaissance du domaine. Pour ce vin qui semble ne pas vieillir, je rapporte ici le commentaire écrit à l’occasion de la dégustation du club sur le même thème, dans le même lieu, 7 ans plus tôt (le 8 juin 2004).
 » Ce cru, dont les vignes jouxtent celle du Château Latour est en tout point exceptionnel. C’est incontestablement un des plus grands vins du bordelais. Puissant, harmonieux, régulier, il épate toujours l’amateur qui décèle en lui une caste hors du commun. Sans ostentation, le 1981 offre des parfums intenses de fruits grillés, de tabac, d’épices douces, de cèdre, de réglisse. La bouche offre un moment de réel bonheur par sa présence suave, équilibrée, raffinée et classique. La finale est magnifiquement longue, exhibant un fruité superbe (cerise noire caramélisée)… la grande classe !

Merci à tous.

Vins servis au dîner :

  • Château Branaire-Ducru 2002
  • Château Ducru-Beaucaillou 1994 (magnum)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s