Château Figeac à Saint-Emilion, Vin de légende 20

Huit millésimes de Légende de 2004 à 1978

du premier grand cru de Saint-Émilion

Au Bistrot d’Ariane à Lattes (Hérault)

Grand domaine de Saint-Emilion couvrant 40 hectares sur un plateau de graves en face Cheval Blanc, Figeac fait partie des vins les plus prestigieux de France. Classé 1er Grand cru B, c’est un cru apprécié des amateurs qui cherchent dans ce « vin de légende », la puissance et l’élégance des grands vins de Bordeaux.

Voici une dégustation verticale sur une série de 8 millésimes acquis, hormis les millésimes récents, en vente aux enchères (on comprendra pourquoi ils ont été cédés, à la lecture de certains commentaires qui suivent !).

Les vins ont été dégustés dans cet ordre, sans avoir connaissance du millésime, en verre Sigelhau « Authentis ».

Château Figeac 1996
Le premier vin de la série présente une couleur grenat tendre, légèrement tuilée et un nez assez riche de senteurs animales de cuir, d’épices, de tabac et fruit rouges en marmelade. La bouche surprend par une structure légère à la limite de la dilution. C’est un vin tendre, vif, qui pourrait satisfaire une cuisine légère mais les tannins durs et secs viennent ruiner nos espoirs.

Château Figeac 1978
1978 est un millésime de bonne réputation en Libournais, pourtant Figeac ne l’a pas semble-t-il réussi. Cette bouteille révèle un vin de couleur pâle, au nez faible et tertiaire, à la bouche souple et bien trop maigre…

Château Figeac 1985
D’une robe grenat aux reflets évolués, le 1985 se dévoile par un bouquet complexe et intéressant de parfums secondaires de fruits confiturés, de fumée, de tabac de pipe, de menthol et d’herbes médicamenteuses. La bouche attaque en souplesse et rondeur sur une structure en demi-corps, mais se délite en finale pour laisser une impression austère et fatiguée. Déjà dégusté dans sa jeunesse, ce vin m’avait pourtant laissé de bons souvenirs gourmands. Avec cette bouteille, le plaisir est aux abonnés absents.

Château Figeac 1986
Habillé de grenat et parfaitement limpide, le vin semble en pleine forme physique ! Son bouquet assez riche de senteurs de fruits rouges, de terreau, de café grillé et d’herbes rôti prélude à une bouche ronde, à l’attaque ample et animée d’une franche vivacité. Le milieu de bouche n’est pas des plus joyeux. La finale laisse de douces flaveurs de fruits et d’épices, cependant, leur persistance reste décevante.

Château Figeac 1989

D’excellente réputation à Saint-Émilion, 1989 n’est pas une grande réussite à Figeac, du moins à la dégustation de cette bouteille. Si la robe est parfaite en couleur et en intensité et si le nez séduit par son bouquet sérieux de mûres cacaotées, de cuir et de poivrons confits, la bouche manque singulièrement de volume et d’énergie. Son caractère végétal lui donne un air « d’ordinaire » même si les tannins paraissent fins et soyeux.

Château Figeac 2004
Avec 2004, la race du grand cru se détecte par un riche bouquet de cuir, de fruits noirs, de chêne, de torréfaction et de sous-bois humide, En bouche, il est fait preuve d’une certaine austérité, droit dans ses bottes, il dessine au palais l’image du classicisme bordelais. Moyennement corsé, mais encore sur sa réserve aromatique, il devrait s’épanouir dans le futur.

Château Figeac 1990
Avec cette année de référence et une réputation grandiose, on s’attendait au meilleur… Figeac n’a pas déçu sans nous enchanter pour autant. La robe est parfaite profonde encore jeune, le bouquet est riche solaire aux notes de fruits mûrs, d’olives, d’épices, de lard fumé… La bouche ronde et savoureuse laisse aux saveurs présentes le soin de mettre en valeurs des arômes gourmands. La longueur est remarquable et fraîchement exotique.

Château Figeac 1982
Desporges avait dit  » Figeac 82 c’est Dieu en bouteille! »… S’il avait été parmi nous, il aurait certainement révisé son jugement ! 30 années sont passées sur cette bouteille et comme une vieille dame, elle a perdu de son panache, de son charme et évidemment de sa fraîcheur. Vins simple, équilibré, sans défaut particulier il n’offre pas la profondeur ni la finale divine que l’on espérait. Son prix d’achat (180 €) lui n’en a pas tenu compte… Grandeur et incertitude du vin !

Château Figeac 2003 (en magnum dégusté au repas)
D’une magnifique robe grenat pourpre et d’un nez riche de cassis nuancé d’épices, de tabac et de chêne, le magnum s’offre par une bouche ronde, de belle texture, savoureusement étayée d’un gras généreux, d’une concentration fruitée, faible en acidité mais en retenue tout de même. On profite !

Merci à tous,

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