Vins impossibles..!

 

Au Bistrot d’Ariane à Lattes

“Dans l’ordre du monde du vin, les choses inhabituelles (célèbres ou méconnues) sont l’occasion d’un autre regard, d’une autre approche. Le point de vue change ou s’élargit, et la vision globale s’en trouve renouvelée.” Francois Morel ( – le livre des vins insolites – Flammarion )

Pissotte Fiefs Vendéens VDQS blanc, rosé et rouge “sélection” 1999 Xavier Corbier

Cette appellation Pissotte VDQS est produite uniquement sur la commune du même nom (17 ha), chez un seul et unique vigneron. Contrairement à ses voisins , monsieur Coirier propose des vins rouges de bonne garde majoritairement issus de cabernet. La robe d’un rubis intense et le nez fruité-mûr laissent deviner l’excellente qualité de ces rouges. Les blancs qui marient le chenin, le melon et le chardonnay sont vifs et légers, et expriment de jolis parfums de fruits frais (grany smith), la bouche équilibrée et nette. Bravo !

Corent Côtes d’Auvergne VDQS, rosé 2000 Jean Pierre et Marc Pradier

Ne cherchez pas de rouge, ni de blanc, dans ce cru de Côtes d’auvergne, car cette appellation est uniquement vouée au rosé. Les frères Pradier le réussissent chaque année très bien au regard de la robe rosé-saumoné pâle. Le nez délicatement parfumé de banane et cerise, prélude à une bouche tout en simplicité nerveuse et pure où les griottes vertes se devinent à travers des nuances minérales.( la raison en est la nature des sols volcaniques)

Noble Joué Touraine 1999Rousseau frères

C’est la fête à Joué-les-Tours, car les dernières vendanges, celles de l’an 2000 sont celles de l’AOC, consécration tant attendue. Issus de Pinot noir, meunier et gris, le Touraine Noble-Joué est préssuré directement et donne un vin gris à la couleur délicatement rosé. On s’étonne face à ses arômes fins de fruits rouges et cerises, ainsi que la bouche tout en finesse et élégance, à la fois tendre et vive… du taffetas aurait dit Rabelais.

Rosé des Riceys 1996Morel père et fils

Pascal Morel cultive 2,75 ha de pinot noir plantés dans les marnes kiméridgiennes. Jusqu’en 1995 il était le seul à ne ne vinifier que du Rosé des Riceys. C’est pour dire qu’il connaît ce rosé de pinot noir surprenant pour nos palais sudistes. Connu depuis Louis XIV, ce vin d’une grande rareté (819 hl produit en 1999) mérite un élevage sous bois et une garde de quelques années pour exprimer son potentiel. Le “goût de Riceys” est unique et se retrouve dans ce 96. Arômes de griottes, d’agrumes, épices douces et vanille, la bouche bien construite et rigoureuse est d’un race incontestable.

Vin de Cilaos, Vin du Pays de l’île de la Réunion Marcel Dijoux

C’est au coeur de l’île de la Réunion, sur un plateau à 1200 mètres d’altitude et sur 40 hectares seulement, que quelques 400 petits
producteurs et une cave coopérative essaient de produire un vin intensément original et riche en histoire. Le “vin qui rend fou” est aujourd’hui mieux accepté par les touristes depuis que le cépage hybride “isabelle” appelé ici “plant du cap”, est remplacé par des pieds plus nobles tel le chenin, le pinot noir, le malbec… Le vin de Cilaos dégusté ce soir , d’une couleur jaune sombre ambré,a surpris l’assemblée par ses parfums confiturés de fruits, ses notes caramélisées et épicées (canelle). En bouche la rondeur laissait à penser qu’un taux de sucre important était présent, pour donner comme un impression d’une mistelle fruitée et peu alcoolisée.

Brézème “cuvée Eugène de Monicault” Côtes du Rhône 1993Jean Marie Lombard

Situé à l’extrême sud de la zone septentrionale des Côtes du Rhône, Brézème est le noyau qualitatif de l’appellation.
AOC dès 1943, c’est à partir de là que sera élargi l’AOC Côtes du Rhône en 1974 . Cette zone, de 21 ha seulement, n’est que générique mais sa personnalité de Cru est reconnue par les amateurs. D’ailleurs, sur l’étiquette, le nom de Brezème est inscrit en lettre plus importante que celle de l’appellation, ceci étant l’apanage des grands crus dans le système français.
Ce 1993 expose sa robe pourpe-grenat aux reflets orangés évolués. De riches parfums de fruits noirs grillés, de cuir, de sous-bois mouillé, de poivre de cayenne, donnent au bouquet un véritable coté méditerranéen. Quant à la bouche, ronde, épicée, bien construite elle est le garant du plaisir évident à accompagner cette bouteille d’une belle viande à la broche aux herbes de garrigues.

Château Musar 1991 (Liban)

 Château Musar, le siteLe château Hochar a explosé médiatiquement dans le monde fermé des grands amateurs de vin après la foire des vins de Bristol en 1979 où il a fait sensation. Composé de cabernet et de cinsault, il sidère le dégustateur par sa classe, et son équilibre septentrional pour un vin produit sous le soleil ardent du Liban. Il aura fallu énormément de courage et de passion à Gaston Hochar et surtout son fils Serge, pour vinifier dans des conditions souvent périlleuses, au milieu des missiles palestiniens et des chars syriens.Bien mêlé au boisé, le fruit est présent en bouche comme au nez, accompagné de notes empyreumatiques de torréfaction, de goudron, de cèdre (du liban!) de tabac et de morilles. Un vrai régal que ce 91!

Le Passerille Moût de raisin partiellement fermenté 1996 (Hérault) Domaine Henry

Chaque année, Laurence et Francois Henry, sympathiques vignerons à Saint georges d’Orques, jouent avec le diable. Ils oublient environ un hectare de différents plants de vignes rouges et doivent se protéger des oiseaux et des chapardeurs. Les grains de raisins noirs se flétrissent alors et la teneur en sucre d’augmenter considérablement. Le résultat est une énorme récompense à se risque, car le vin est extraordinairement bon et original. Tel ce 1996, noir comme de l’encre, au nez débordant de parfums de cassis, de réglisse et cerises noires, de tapenade, de liqueur, c’est la caverne d’ali baba. En bouche il glisse tout seul, onctueux mais frais, puissant et fruité, doux et rafraîchissant à la fois tout en fruit et en épices. Idéal sur le chocolat et les fromages à pâte cuite de l’Aveyron.

Château Cotnari, Grasa de Cotnari SGN 1988 (Roumanie) 

Vendange en RoumanieJadis prestigieux au même titre que le Tokay, le Sauterne ou le vin de Constance, le Cotnari renaît de ses cendres avec l’ouverture de la démocratie dans les pays de l’ex-URSS. Récoltée en SGN (sélection de grains nobles) sur les cépages grasà et tamiioasa romaneasca c’est un grands liquoreux à la matière impressionnante. Difficile encore à se procurer, il donne pourtant de belle satisfaction avec ses arômes fins aux nuances florales de lys et de roses, de miel, d’écorce d’agrumes et de fruits confits… on l’appelle “la perle de Moldavie”.

Vin de Paille, Arbois Pupillin 1995Désiré Petit

 La technique du vin de paille est répandue sous toutes les latitudes vinicoles. De belles grappes saines sont récoltées très mûres et disposées sur des claies en bois (autrefois de la paille) pour sécher. Devenues quasiment déshydratées, elles concentrent dans le peu de jus qui leur reste, une dose considérable de sucre, au moins 310 gr/litres. Les fermentations ont donc parfois du mal à démarrer et s’arrêtent seules à 15° conservant environ 100 gr de sucre et parfois plus. Un élevage, souvent long est nécessaire et le résultat vaut le déplacement! Dans le Jura, c’est une ancienne tradition qui se renouvelle chez les bons vignerons lorsque la nature et son climat le permettent, autour des cépages locaux: savagnin, chardonnay, poulsar et trousseau.Robe envoûtante, ambrée, nez explosif de fruits confits, de foins coupés, de champignons, d’amandes grillées, de résine, de miel.. . la bouche est miraculeusement fraîche et riche aux saveurs multiples et complexes. La longueur?.. on en parle même pas… un vin de “conversation amoureuse”!

Eiswein Welschriesling 1997er ruster Weinbau und Landauer (Autriche)

À l’inverse du vin de paille, les vins de glace ne sont produits que sur les vignobles sujets au froid d’hivers rigoureux. Allemagne, Canada, Slovénie, Alsace, Luxembourg et Autriche peuvent se permettre, lorsque les conditions sont requises, de pratiquer cette extraordinaire façon de récolter les raisins (souvent du riesling). Aux petits matins de décembre, lorsque la température ne dépasse pas -8°C, les grains tardifs sont ramassés sous formes de glaçons. Ils sont portés à la cave et immédiatement pressés à l’extérieur.
Les cristaux de glaces sont retenus dans le pressoir et il s’écoule alors, au goutte à goutte, un jus épais, extrêmement concentré.
Difficile à fermenter, le vin ne dépassera pas 6° d’alcool et conservera encore + de 300 gr de sucre par litres. Le rendement final s’élève à 2 ou 3 hecto/hectares et le résultat est époustouflant. D’un équilibre acidité-alcool-sucre inouïs, c’est un vin inoubliable, rare et par conséquent excessivement cher.Celui que nous avons goûté ce soir fut un grand moment d’émotions vineuses, bouquet immense, bouche somptueuse, d’une longueur dépassant la minute… la quintessence du vin!

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