Médoc 1995 contre le reste d monde

 au restaurant « le Bistrot d’Ariane » à Lattes

Pour les vins du Médoc, l’année 1995 se révèle être, avec le temps, un excellent millésime. Dans l’ensemble, la qualité l’emporte assez nettement sur 1994. Les vins sont sans nul doute de plus en plus savoureux et s’ouvrent sur une belle profondeur et un profil aromatique complexe. Les Médoc sont charnus et réguliers d’une appellation sur l’autre. Margaux se distingue par son charme habituel mais la palme de la plénitude, de constitution et d’homogénéité revient à Saint Estèphe selon quelques dégustateurs aussi avertis que médiatiques. Nous avons choisi quatre dignes représentants de cette célèbre région et les avons mis en “compétition” avec quatre autres magnifiques crus à découvrir. Servis à l’aveugle, carafés à l’avance, en voici quelques commentaires.

 

Le plus moderne
Victoria Valley
Virgin Hills Cabernet Sauvignon (Victoria valley – Australie) 
Sa robe grenat-pourpre évoluée est superbe par sa brillance et sa profondeur. Au nez, se sont des notes crémeuses de fruits très mûrs, de grillé et de chêne qui dominent. Cependant la bouche semble trop légère et souple. Le vin finit en tendresse aimable, facile à boire, réservé à une clientèle peu exigeante.

Le plus sudiste
Vallée du Douro
Nieeport Redoma (Douro – Portugal) 
Robe profonde, grenat foncé, un peu mate, dès le regard il affiche son aspect solaire. Le nez de dément pas, fruits cuits, réglisse, olive noire, épices sauvages. L’attaque en bouche est intense, un peu trop car l’on note un creux en milieu d’évolution. Simple, trop simple les tanins semblent déjà usés, même si l’ensemble reste élégant, ce vin s’était mille fois mieux goûté il y a deux ans, lors de la soirée “vin et tauromachie” (22-07-99).

Le plus séveux
Cahors
Château du Cèdre “Prestige” (Cahors – France)
Quelle belle robe violacée, pourpre, impeccablement intense. Le nez explose par son bouquet de fruits noirs compotés, de foin coupé, d’amandes grillées et de torréfaction, de réglisse, de champignons frais… en bouche c’est un début d’enchantement, puissant, riche, la matière est énorme, les tanins présents mais veloutés, les arômes de fruits écrasés persistent… on a aimé!

Le plus joyeux
Château Tour Haut-Caussan (Cru bourgeois / Médoc)
C’est le cadet de la série des Médoc sa couleur, plutôt tendre, décèle encore quelques reflets bleutés. Le nez d’intensité moyenne s’ouvre adagio puis passe en allegretto, tant les parfums de vanille, de cuir neuf, de pruneaux confits, de tabac, envahissent le verre. La bouche est ronde riche, tout en matière de bonne humeur. La finale boisée et les tanins de belle qualité laissent encore du champ à ce futur concerto gourmand.

Le plus élégant
Château Margaux
Pavillon Rouge (2e vin du Château Margaux / Margaux)
Vin superbe dans le verre, à la robe brillante, profonde, grenat bleuté encore jeune. Le nez fait la différence par sa complexité et ses parfums élégants. Des notes empyreumatiques premières on passe aux fleurs puis aux épices douces ou encore au cacao. Soyeuse, tel le velours, la bouche ne renie pas son origine. Puissante, concentrée, racée, la matière laisse ressentir la magie de son terroir, superbe!

Le plus musclé
Château Sociando Mallet (Cru bourgeois / Haut-Médoc) 
Noir, marqué d’un reflet sang, le vin semble énorme. Le bouquet déballe en désordre ses notes de boisé, de cassis noirs, de terres. En bouche la perfection est proche, l’ensemble est long, riche, musclé, tanique, profond… doit s’attendre pour faire une bouteille “top class”.

Le plus complexe
Vignble de l'Hérault
Mas de Daumas Gassac (Vin de Pays de l’Hérault – France) 
La robe intensément pourpre, presque noire suscite l’admiration. Le bouquet s’ouvre doucement rajoutant à son catalogue des parfums toujours élégants: cuir neuf, laurier, mine de crayon, olive, mûres de ronciers… la construction en bouche est d’une rare précision de par sa fraîcheur, son velouté, sa puissance tanique, son équilibre radieux. Adolescent, c’est un vin fier comme Artaban!

Le plus grand
Château Montrose (3e cru classé / St Estephe)
Drapé d’un robe grenat-pourpre opaque tirant vers le noir, on admire en silence. Le nez merveilleusement fumé et fruité, laisse entrevoir une complexité digne des plus grands: poivre noir, chocolat, cuir de Russie, havane, menthol… La bouche puissante et concentrée est étonnamment soupe et gourmande pour son âge. Je pense que son gras et ses tanins de soie y sont pour beaucoup. Remarquablement délicieux, il devrait encore évoluer favorablement.

 

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