VIEUX MILLESIMES DE FRANCE… et d’ailleurs ! 

 

Ce fut  une nouvelle et belle soirée “Vieux millésimes » de la « Cave secrète de L’Epicuvin » qui nous a réservé émotions et surprises
Des bouteilles vénérables choisies sur les plus beaux terroirs en France ainsi que chez nos voisins, ont été religieusement ouvertes. Ces flacons nous ont offert leurs ultimes qualités de goût, après 20 à 60 ans de cave.

Les vins ont été dégustés à l’aveugle, dans un ordre non chronologique, lié à leur puissance présumée.

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Les blancs :

1993 – Mâcon-Pierreclos – Domaine Guffens-Heynen « Le chavigne »                    * * * (*)
           La série commence par un superbe blanc à la robe jaune or limpide et à peine évoluée. Le nez timide semble s’ouvrir à l’aération dans le verre et offre de fins parfums de fleur séchées, de miel, de fruits secs. La bouche est ronde à l’attaque et gagne vite en élégance et en fraîcheur. Le vin offre ses arômes délicatement par palier pour finir par une envolée vive et minérale qui nous permet de penser que ce superbe chardonnay de 25 ans possède encore un avenir solide.  

1985   – Vin de Pays Catalan – Domaine Vaquer « Tradition                                    * * * (*)
                  Cuvée de tradition dans la famille Vaquer, ce vin de pays catalan qui affiche 33 ans au compteur est un petit bijou par son originalité et son caractère aromatique. La robe est juste vieil or et parfaitement limpide. Le bouquet offre des notes oxydatives dans le style cher au Roussillon. On découvre le coing mûr, le caramel, les fruits secs… La bouche est ronde, fruitée, typée « rancio (certains n’aiment guère) et semble sortir d’un magasin de pain d’épices !

 » Voici une curiosité : c’est un pur cépage macabeu que faisait mon beau-père déjà en 1969. Le dernier date de 1995, nous avons ensuite recherché d’autres assemblages… Mais il reste des bouteilles de millésimes plus anciens, dont ce 1985.
On reconnaît le macabeu à son caractère rond, miellé, gras, ses parfums de fenouil et de genêt et une incroyable fraicheur en bouche. Dégusté à l’aveugle, il surprend bien des palais ! « 

Frédérique Vaquer
vigneronne à Tresserre  ( propos relevé sur le site du domaine :  http://www.domaine-vaquer.com )

Les rouges :

1997 – Coteaux du Languedoc – Mas Cal Demoura                                                      * * * *
             Robe brillante, grenat-rubis profond, ce vin ne fait pas son âge. Le bouquet est un concentré de parfums ensoleillés, évoquant tour à tour les fruits noirs écrasés, la réglisse, la viande grillée, les épices et aromates de garrigues. En bouche, le charme perdure. Riche, il garde un bel équilibre et des arômes superbes de fruits et d’épices. La longueur est belle… Bravo pour vos 20 ans M. Jullien !  

1988 – Médoc – Château Les Ormes Sorbet                                                                * * *
             Ce Cru bourgeois de 30 ans est toujours en forme. Sa robe est superbe, grenat pourpre et brillante. Son nez évoque les grands classiques du Médoc avec les notes de fruits rouges, de moka, de poivron. La bouche reste fidèle à ce type de vin, fruitée, d’une structure simple en léger creux en milieu, finissant sur des tannins fins et une longueur moyenne.

1985 – Rioja – Rioja-Alta « vina ardanza »                                                                        * * *
             Avec sa couleur rouge grenat moyennement intense et légèrement tuilée, ce vin ferait penser à un pinot des meilleures origines. Mais le nez nous rapproche d’une réalité plus solaire avec sa présence intense, débordant de fruits et des notes torréfiées, animales et sous bois. La bouche est ronde, fruitée, souple assez simple et gourmande. On aurait aimé un peu plus de volume mais après 33 ans, ce tempranillo offre toujours du plaisir !

1985 – Coteaux du Languedoc – Prieuré-Saint-Jean-de-Bébian                               * * *
             Une belle robe grenat-rubis soutenue ouvre la dégustation de ce vin au nez puissant. Tour à tour, il évoque les fruits rouges confiturés, l’arabica, le steak grillé, et les aromates culinaires (laurier, poivre…) Les amateurs sont aux anges ! Mais la bouche déçoit un peu par son côté « rustique », structure ferme, presque austère et tannique. Pourtant issue d’un grand millésime, cette illustre bouteille n’aurait peut-être, pas du attendre 33 ans avant d’être ouverte !

1978 – Haut-Médoc – Château La Tour-Carnet (4e grand cru classé)                           * *
             La présentation est parfaite avec un rouge grenat profond. Le bouquet est net mais un peu simple, manque de complexité. La bouche est ronde et présente d’intéressantes notes de poivrons grillés… mais pas plus ! La finale est trop simple, un peu rêche.

1967 – Chenas – Domaine Ferraud                                                                                * * (*)
.           Avec sa robe rouge pâle mais brillante et son bouquet fruité et tertiaire, ce gamay vénérable manque de netteté. Le vin se présente mieux au palais, fruité, assez fin et équilibré, sur des notes de cerises mûres et de forêt en automne.
Attendre plus de 50 ans, pour déguster un cru du beaujolais ?.. certainement pas !… Mais celui-ci se tient quand même droit.

1959 – Margaux – Château Brane-Cantenac   (2e grand cru classé)                                
.          La bouteille qui présentait un niveau très bas, a certainement été mal conservée. Résultat : qualité nulle, vin usé…
On en voudra pas à ce célèbre Margaux issu d’un château digne de ce nom et d’un millésime ‘immense ».

Les doux :

1986 – Bonnezeaux – Château de Fesle                                                                        * * * * (*)
.           D’une couleur parfaite or brillant, ce vin d’Anjou a fait sensation, par sa fraîcheur incroyable, ses parfums magiques de fruits, de fleurs et de pâtisserie, son équilibre et sa magnifique longueur. Bravo pour ce chenin incroyable de fruit, de jeunesse et d’élégance.

1989   – Sauternes – Château Caillou                                                                            * * *
.            Classique par sa couleur et ses arômes, ce Sauternes se tient droit en bouche, mais il manque un peu de finesse et de classe. Très fruité et long, il reste tout de même agréable.

1966   – Sauternes – Château Rabaud-Promis (1er cru classé)                                    * * * * (*)
.            Le brun foncé de la couleur, le niveau « bas épaule » et le bouchon en miettes de cette bouteille, nous laissaient craindre le pire… Surprises ! le vin est frais, intense, net, superbe par son équilibre, sa personnalité fruitée et crémeuse, ses notes en panier de fruits confits, d’épices douces et de chocolat au lait… Génial !

Le conseil du sommelier :
« Ne jetez pas vos vieux sauternes,  même si la couleur brune et le niveau faible
prêtent  à penser que le vin est usé… Goûtez les ! » 

———- 0 ———Cubisme d’une souris d’agneau en croûte végétale, jus réduit

1986 – Brunello di Montalcino – Altesino   (magnum)     * * * (*)

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Tarte Tatin

1973 – Sainte-Croix-du-Mont – Château du Tich « crème de tête »        * * (*)

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Vendredi 1er février 2019 – Restaurant Mazerand (Lattes)

Merci Jacques Mazerand, merci à tous.

Daniel Roche

Les photos des vins et des plats sont de Marc Touchat,
celle du portrait est de J.E. Casimir

 Barème des notes : 
         –  vin défaillant, 

         *  vin moyen, décevant, 
     * *    bon vin, correct, 

   * * *  très bon vin,
* * * *  vin excellent, de haut niveau, 
* * * * *  vin exceptionnel, magnifique

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