Pauillac, une AOC (très) Grand Cru

Au restaurant Mazerand à Lattes

Parmi toutes les appellations de Bordeaux, Pauillac est sans doute la plus célèbre avec ses trois premiers grands crus classés en 1855 et son incroyable concentration de châteaux prestigieux sur un si petit vignoble (950 ha). Voici quelques vins de domaine dégustés dans cette ordre en verre Spiegelau Authentis n°2.

Château La Bécasse 1995
Crée en 1966, figurant dans aucun classement, ce petit domaine de 4 hectares annonce fièrement sa personnalité médocaine avec une production régulièrement appréciée par un petit nombre d’amateur. D’une robe pourpre foncé, il dégage de délicieux parfums de fruits noirs et de cèdre. La bouche mets en évidence une puissance tanique remarquable tout en restant veloutée et pulpeuse, ce qui en fait un vin de plaisir immédiat avec l’opportunité d’une belle évolution.

La Rose Pauillac 1990
Si elle reste d’un niveau modeste, la cave coopérative de Pauillac n’en est pas moins un ambassadeur important de l’appellation, si l’on considère le nombre de voitures garées sur son parking. En effet on se presse pour acheter ces vins superbes, très réusss et qui peuvent vieillir remarquablement au vue de ce 1990. Rouge, grenat foncé, légèrement tuilée, telle est la robe; puissant, aux parfums de fruits confits, d’épices et de jus de viande, tel est le nez; ronde, très souple, sensuelle, très agréable et d’une bonne longueur, telle est la bouche. À boire maintenant.

Château d’Armailhac 1998
Illustré par une statuette de Bacchus empruntée au musée de son illustre voisin Mouton Rothschild, ce vin présente tous les caractères d’un grand vin de Bordeaux: la robe rubis noir foncé, le bouquet intense quoique fermé, de cacao, de cuir, de torréfaction, de fruits mûrs et une bouche structurée, massive, presque austère aux tanins de force. Quelques années de cave adouciront de nectar fougueux.

Les Forts de Latour 1992
Considéré a tort comme le deuxième vin du Château Latour, “les forts” sont bien un vin à part entière, produit par de vieilles vignes (64 ans) implantées en bordure de l’Enclos (parcelle où est produit le grand vin de Latour), c’est à dire à l’endroit, où il y a plusieurs siècles, étaient implantées les fortifications du Château. 1992 reste un millésime faible dans le Médoc, c’est en cela que Les Forts de Latour réussissent l’exploit d’un vin mûr et complexe et d’une bonne puissance. Le nez révèle de superbes parfums de boite à cigare, de viande grillée, de réglisse douce tandis que la bouche, parfaitement équilibrée, d’une structure moyenne, ronde et élégante, s’enroule doucement sur la langue comme un serpent autour d’un pommier.

Château Lynch Mousas 1959
Voisin direct du Château Batailley, ce domaine de dimension moyenne ne faisait que 5 hectares lors de sa remise en exploitation par Mr Casteja en 1969. Il y a 44 ans, le grand millésime 1959 permit au vignoble de Bordeaux d’écrire une de ses plus belles pages, témoin cette bouteille conditionnée par un négociant en Hollande (beaucoup de Château ne faisait pas la mise en bouteille au domaine à l’époque) qui donne encore de remarquables sensations gustatives. Rouge grenat foncé et orangé, son bouquet offre des notes intenses de chocolat, de pruneau. En bouche le charme persiste, d’une grande sérénité, belle fraîcheur et souplesse des tanins ronds… voilà un vin, bien sûr âgé, qui en a encore sous le pied. Domaine actuellement peu côté et donc pas cher, ce vieux millésime démontre la magie que peuvent engendrer les vins du Médoc et de Pauillac en particulier. Bravo !

Château Pichon Longueville Baron 1988
2ème grand cru classé, vinifié en main de maître par l’équipe de Jean Michel Cazes, Pichon Baron est certainement un des meilleurs crus actuels tant par sa régularité que par son caractère médocain affirmé. Aujourd’hui ouvert, ce nectar noir donne de belles émotions olfactives par son bouquet de mûres écrasées, de cèdre, de café grillé et de truffe noire. C’est encore un vin sérieux, puissant, adulte dynamique par sa vivacité, ses arômes d’épices et de cassis, ses tanins fins, ses saveurs élégantes et longues. Bel avenir assuré, on aimerait bien le goûter à nouveau quand il aura 43 ans comme son prédécesseur de ce soir… ça nous porte en 2032 !

Château Lynch Bages 1990
Classé 5ème cru, mais méritant la place de second, Lynch Bages est lui aussi un vin splendide, également vinifié par Jean Michel Cazes. Souvent dégusté au club, c’est un vin facilement disponible qui déçoit on peut dire jamais! Ce 1990 est aujourd’hui source de grande satisfaction par sa richesse, son bouquet complexe et élégant, sa bouche, veloutée, charnelle, “rôtie” et longue de plus de 12 caudalies.

Château Lafite Rothschild 1994
Noblesse oblige, nous avons terminé avec le sommet de l’appellation, par celui qui est considéré comme le Pauillac, symbole de la puissance, du prestige de la tradition viticole et du Bordeaux de très longue garde. De presque 10 ans d’ancienneté Lafite 94 est encore bien jeune et fermé. D’une grande pureté il distille admirablement ses parfums médicamenteux de cèdre, de menthol, de gelée de myrtille… la bouche racée et structurée laisse envisager un grand ave nir, posé sur des tanins ciselés et une longueur savoureusement éjouissante.

Avec le repas préparé par Jacques Mazerand où l’agneau était à l’honneur, nous avons pu apprécier le générique “ Pauillac” du Château Latour 1999remarquablement souple et boisé idéal avec la viande et un Château Lynch Bages 1991séduisant, profond et plein de fruits

Merci à tous

Daniel Roche

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