Le Mourvèdre, un séducteur de grande classe

au restaurant « LE MAZERAND » à Lattes

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Le Mourvèdre est une des variétés les plus anciennement cultivées en Provence, et les vignerons de la région avaient même fini par la considérer comme indigène sans doute à cause de sa parfaite appropriation aux conditions climatiques et culturales du pays. Cependant, il n’en est rien, comme le carignan et le grenache, son origine paraît être ibérique. Il porte de jolis surnoms comme: « espar » dans l’Hérault, « plant de Saint-Gilles » dans le Gard, « mataro’ dans les P.O, ou « étrangle-chien » en Provence. Nous avons goûté ce soir, quelques uns des meilleurs Mourvèdre disponibles en cépage pur dans notre région… et ailleurs.
Carafés deux heures avant, les vins ont été servis à l’aveugle dans cet ordre; en voici quelques commentaires.

Château des Estanilles (rosé) Michel Louison family Faugères 1996 
La grande cuvée rosé du Château des Estanilles est toujours un étonnement pour les dégustateurs, même avertis. Sa robe rose soutenu saumonée, son nez intense de fruits mûrs, de cerise, de cannelle, sa bouche large et grasse déroulant ses arômes de foins coupés, de pâte de coing, de vanille, de tabac blond, sa longueur, en font un vin unique, superbe, incomparablement voué à la gastronomie.

DOMAINE LE CLOS DES CAZAUX « cuvée mataro »Jean Michel Vache Côtes du Rhône 1994 
Le Mourvèdre n’est pas forcément à l’aise dans la Vallée du Rhône. À Vacqueyras, le Clos des Cazaux vinifie certaines années un cuvée à dominante « mataro ». Si la robe séduit par son drapé grenat intense à reflet orangé, et si le nez donne dans le registre épicé, mentholé et cuir ancien, la bouche semble d’un autre temps, végétale, maigre et finissant sec. Le millésime n’était pas facile et ce vin devait être un vrai plaisir à boire jeune.

Domaine Arnal « cuvée frédéric » Henri Arnal et fils Coteaux du Languedoc 1997
Frédéric Arnal est un des fils de la maison et il a donné son prénom à cette cuvée composée en grosse partie de Mourvèdre. La robe rouge rubis intense exhibe encore des nuances violacées. C’est les cerises noires, le cacao, le gratin de fruits rouges qui dominent un nez exubérant et gourmand. En bouche la matière ronde, fraîche aux tanins fins et élégants en font un vin « bien balancé », à boire.

CHÂTEAU PIBARNON Comte de Saint-Victor Bandol 1997
La robe impose le respect, intense et profonde. Le nez, sérieux, ne se laisse pas apprivoiser, et libère des parfums minéraux d’encre et de pétrole ainsi que de réglisse. La bouche est magnifique, comme peut l’être une chapelle romane, ferme, profonde, racée. Un vin Janséniste à ouvrir dans 10 ans. Grand Vin et Grande émotion dans l’assemblée.

CHÂTEAU DE CAZEUNEUVE « le sang du calvaire » André Leenhardt Pic-St-Loup 1997
« C’est de l’encre violette » lance un participant, « oui mais à reflets noirs ». Le nez déroule un tapis rouge aux parfums de café grillé, de fruits caramélisés, d’olive, de pain d’épices, de Zan. La bouche en rajoute par sa rondeur, sa matière chaleureuse, animale, épicée, et sa persistance jouissive. Ce Pic-St-Loup pourrait bien être planté du coté de Thélème. Bravo!

JADE MOUNTAIN « Mourvèdre » Contra Consta County (USA) 1997 
C’est une très belle robe brillante pourpre aux reflets de cuir jaune qui prélude à un bouquet complexe et original, aux notes de griottes, de figues sèches, d’eucalyptus, cuir neuf. Malgré une matière moyenne, la bouche roule tel la batterie d’Art Blakey dans un crescendo impressionnant et finit sur des sensations fraîches d’herbes coupées, de fruits rouges, d’arabica, de tabac de pipe. Un vin à croquer, épatant.

CHÂTEAU LA NÉGLY « l’ancély » Jean Paux-Rosset Coteaux du Languedoc 1998
« On dirait de la syrah »dit un dégustateur observant le violet pourpre de la robe, et bien non ! c’est bien du Mourvèdre. Le nez nous remet sur la piste d’un vin intensément aromatique, racé et profond par ses parfums de fruits des bois, de crème caramel, de cacao, de réglisse et d’aromates de garrigue. L’équilibre sphérique de la bouche émotionne le groupe qui vibre devant ce vin puissant, à la matière riche d’extraits, à l’élevage sophistiqué et sexy, à la longueur impressionnante, Un vrai vin du SUD, séducteur sous sa robe d’évêque.

Domaine Léon BARRAL « la valinière » Didier Barral Faugères 1996 
D’un rouge grenat intense aux reflets orangés, le vin donne également en nez des signes d’évolution: fruits confit, vieux livres, sous-bois. La matière reste ferme en bouche, sérieuse, intense et laisse passer des tanins rudoyants. On pourra se régaler en buvant sans tarder ce Faugères avec une viande en sauce, gibier de préférence.

CHÂTEAU PRADEAUX Héritiers Comte de Portalis Bandol 1988 
Placé volontairement en dernier, ce nectar noir de plus de 10 ans se devait d’affirmer sa renommée de grand vin de Mourvèdre. Ce soir il n’a pas réussi , malgré un bouquet intense de compote de fruits noirs, de térébenthine et d’écorce d’orange, la bouche manquait singulièrement de conversation… À regoûter dans 10 ans ? allez…

La soirée s’est clôturée dans la belle gastronomie grâce à Jacques MAZERAND et sa pintade fermière en sauce aux champignons d’automne et ses desserts toujours somptueux.

Merci à toutes et à tous,

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