« Musique Grand Cru » ou comment…

 

« MUSIQUE GRAND CRU » ou comment déguster ls saveurs dela Musique et écouter la mélodie des grands Vins ! 

Un moment d’émotion unique proposé pour la première fois par L’Epicuvin, le club des amoureux du vin et de la Gastronomie s’est déroulé au restaurant le Mazerand à Lattes…

Musique Grand Cru 2004

Dom Pérignon & Wolfgang Amadeus Mozart

Champagne 1993 & La Flûte Enchantée Ouverture & Acte I (air de Papageno “Der vogelfanger bin ich ja”)*

Le champagne et la musique de Mozart ont ce point en commun, la légèreté alliée à la puissance des éléments en action. Les bulles du vin blanc magique matérialisent ce côté aérien, tout comme les thèmes abordés par les opéras de Mozart ( Cosi fan tutte, Mariage de Figaro, Don Giovanni…). Mais à regarder de plus près, la profondeur est de mise, le sérieux et le grave sont sous-jacents, on chante et on s’aime cependant. Richesse aromatique, puissance, équilibre des saveurs, longueur pour le premier; drame, dénonciation des inégalités, du pouvoir, de la bassesse humaine…
sont la trame réelle des merveilleuses mélodies, poésie des voix et “coloratura” mozartiennes…
Nous avons choisi Dom Pérignon pour son admirable équilibre résultant de l’assemblage parfait entre pinot noir et chardonnay, sélection unique de terroirs de grand cru, vinification rigoureuse, élevage raffiné.

“Pas de lourdeur, pas d’opulence, une architecture irréfutable, le nombre d’or s’impose…”

Tout comme la “Flûte”, ce vin est lumineux et sombre, caressant et terrible, de moments et de souvenirs.
Long, il tient la note et, comme on dit de la musique de Mozart, le silence qui suit la dernière goutte avalée, c’est encore du Dom Pérignon.

Autour d’un sorbet concombre et huile d’olive, une émulsion de tomate aux épices, chips de légumes

*Hermann Prey (Papageno), Sir Georg Solti dirige l’orchestre Philharmonique de Vienne (disque DECCA) 

René et Vincent Dauvissat & Antonio Vivaldi

Chablis Grand Cru“ Clos” 1993 & Concerto Les Quatre Saisons (mouvement n°4 “ l’hiver”)*

Pour nous, méditerranéens, Chablis est un terroir unique, proche du merveilleux. Il donne naissance à des vins d’une fraîcheur, d’une profondeur et d’une minéralité qui laissent admiratifs. Plusieurs années lui sont nécessaires pour que les arômes de miel et de fruits secs s’éveillent, tout comme son équilibre acidité-moelleux et ces fameuses notes de “kimméridgiens”.
Lorsque je goûte un grand cru en apogée, c’est à dire âgé d’au moins dix ans, je pense à des moments de mon enfance, à Nîmes, lorsque nous rentrions de l’école en hiver, après l’étude de 7 heure du soir, emmitouflés dans nos “anoraks” avec gants et bonnets et que, sur le trottoir parfois glacé, nous marchions à pas lents, attentifs de ne pas glisser, grelottants parfois, le bout du nez “gelé”, languissant de rentrer au doux foyer mais heureux à la sensation de sentir l’hiver, puissant et intense nous entourer de son manteau de froid.
Chaque chose en sont temps, les boules de neiges, les glissades sur les flaques gelées, les marrons grillés dans la cheminée, les cadeaux de Noël, l’arbre illuminé, la crèche, le réveillon, toute la famille réunie et heureuse, c’était ça l’hiver… et on oubliait assez vite les inconvénients.

Le dernier mouvement du concerto les Quatre Saisons de Vivaldi, c‘est le même bonheur; celui de l’hiver en Italie, du cycle des saisons dans toute sa splendeur, des paysans frappant le sol de leur sabot, écoutant le vent furieux installés devant la cheminée qui crépitent en buvant du vin chaud. Ces braves gens joyeux qui dansent en tapotant la croupe des paysannes, appréciant heureux les bons cotés de la bise et ses cadeaux offerts en jouissance collective… prélude à l’été avenir, toujours radieux.

Gourmandise de mijoté de homard et crevettes à l’américaine légère

*Trevor Pinnock dirige du clavecin The English Concert (disque ARCHIVE PRODUCTION)

Henri Bonneau & Heitor Villa Lobos

Cuvée Marie Beurrier Châteauneuf du Pape 1997 & Prélude pour guitare n°1*

Les vins d’Henri Bonneau n’ont pas la causette facile et pour cause… on en boit quasiment jamais !
Pour nous, pauvres amateurs, le vigneron fait figure de “sauvage” (dans la vision positive de la chose). On l’imagine n’ouvrant pas la porte aux appels des visiteurs, ne décrochant pas le téléphone, refusant la dégustation. On l’imagine le béret vissé sur la tête, dans sa veste en velours tel Jean Gabin dans le rôle de Gaston Dominici, donnant coups de canne aux chats et aux paparazzi, pointant le fusil vers l’acheteur américain ou belge !!!

Mais on l’admire tout de même, on l’aime bien, et vous savez pourquoi ?…
Eh bien parce qu’on se dit que, s’il n’y a pas de vin à vendre, c’est qu’il est réservé aux seuls amis et intimes de la famille et nous, on aimerait bien faire partie du cercle de ces gens. Alors on rêve entre amateurs, on se prête à des comparaisons qui n’ont de valeur que de pronostics improbables… c’est plus puissant que Beaucastel, c’est plus riche que Rayas, c’est plus équilibré que Pegaü, c’est moins fin que La Nerthe, c’est plus long que…, ça doit être rudement bon. Ce qui est sûr c’est que si la “Marie Beurrier” se laisse apprivoisée dans sa rondeur et son fruit, la “cuvée des Célestins” c’est l’arlésienne vinicole..!

On ne sait que peu de choses sur Heitor Villa Lobos sauf qu’il est né à Rio de Janeiro, qu’il était “expansif comme un méridional, sentimental comme un noir, mélancolique comme un indien” et qu’il parcourait inlassablement son immense pays pour capter les langages folkloriques afin de les transmettre à sa manière d’artiste. Sa musique est toute empreinte de sensualité, de douceur, de couleur parfois mélancolique ou explosive. elle se veut populaire non élitiste, chaleureuse, conviviale, lyrique… comme le Châteauneuf !

Rognon de veau braisé, pané, un jus au poivre de Sichuan

*Philippe Cornier, guitare

Marlène Soria & Georges Bizet

Peyre-Rose Syrah Leone Coteaux du Languedoc 1995 & Carmen – Acte IV (début)*

La relation entre les vins de Marlène Soria et l’Opéra de Bizet m’est apparue évidente dès la première écoute. En effet, où pouvons nous trouver autant de chaleur lumineuse, de chemins poussiéreux, de tavernes enfumées, de danseuses aux pieds nus, de “toréadors” prétentieux, de soldats amoureux et de passionara entière que dans la cuvée “syrah leone” du Domaine Peyre Rose?

La sensualité méridionale de la syrah prend ici la couleur tragique de l’oeil du “toro” fixant le matador à l’épée rutilante. Le bouquet nous porte aux abords des arènes quand la foule colorée agite les éventails devant les effluves du toril, le parfum des bohémiennes et de leur panier d’orange, la fin d’après midi quand les nuances de lavande se marient à celles des bleus oliviers. La matière en bouche est imprégnée des rondeurs pathétiques du ténor… “Ah ne me quitte pas…” et des reliefs de la robe sanglante de Carmen .

Ah ce vin est admirable. On le goûte avec une émotion intense et chaque fois renouvelée, comme la voix rauque de la Callas qui affirme:

“L’amour est loin, tu peux l’attendre, tu ne l’attends plus il est là…
tu crois le tenir, il t’évite, tu crois l’éviter, il te tient…”

Aiguillettes de canard en brochette, sauce soja

*Maria Callas (Carmen), René Massard (Escamillo), Georges Prêtre dirige l’orchestre du Théâtre National de l’Opéra de Paris (disque EMI)

Jean Gautreau & Ludwig Van Beethoven

Château Sociando Mallet Haut Médoc 1990 & Sonate pour piano n°8 “Pathétique” 3e mouvement (rondo allegro)*

Le vin c’est la lumière.

Celle d’une fin d’après-midi d’août orageuse sur les bords de l’estuaire de la Gironde, là où les terres de graves s’enfoncent doucement dans l’eau boueuse du fleuve, semble pathétique voire surnaturelle.

De ses touches bicolores, le piano transcrit les gris du couchant, le tonnerre au loin, la grêle qui menace, l’homme inquiet, les oiseaux affolés. Baremboïm entoure chaque roseaux, chaque embarcadère, chaque palus, chaque cep de cabernet, de son toucher de poète.

Le majestueux 90 dévoile doucement son intense machinerie de senteurs, profondes, les saveurs de terres s’accrochent au palais, le fruit est mûr, l’émotion est grande, le vin illumine…

… Le soleil perce d’entre les nuages, le merle retrouve sa mélodie.

Cantal vieux en compagnie de vrai pain aux raisins

*Daniel Baremboïm (disque EMI)

Bérénice Lurton & Jean Sébastien Bach

Château Climens Sauternes 1988 & Suite pour violoncelle n°1 (prélude)*

Conseil à la maîtresse de maison n° 21

Si vous voulez assurer la fin d’un repas entre amis, prévoyez un dessert léger, élégant, frais et joyeux, tout en fruits, en sensualité et en relief.

Décorez du vernis craquelé du violoncelle et de la douce caresse de l’archer, par la suite dansante du génial allemand.

Laissez couler dans la coupe, l’or ambré du Sauternes de Barsac et sur les lèvres, le bouquet final du feu d’artifice des senteurs de fruits et d’épices.

Ponctuez de rires et de larmes de joie… ça le vaut bien !

Blanc manger de Montpellier, fines feuilles de feuilletage et croustillant aux fruits frais

*Paul Tortellier (disque EMI)

Zoom

  • Luc Vignal – les Caves Gambetta
  • Tonia le Carlier de Veslud
  • Jean Claude Pascal – Haute Fidélité
  • Françoise di Martino – FDM Communication
  • Daniel Roche – Epicuvin

Avec la participation de :

  • Tonia Le Carlier de Veslud, pianiste, chef de coeur à l’opéra de Montpellier
  • Daniel Roche, oeno-mélomane
  • Jacques Mazerand, Chef cuisinier

En partenariat avec les Caves Gambetta, le magasin Haute-Fidélité, les verres Spiegelau, l’agence FDM Communication.


Merci mille fois à tous,

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