Existe-t-il de bons chardonnay ailleurs qu’en Bourgogne ?

Au Bistrot d’Ariane à Lattes (Hérault)

De son berceau historique, la Bourgogne, où il fait merveille dans les grands crus (Montrachet, Meursault, Corton-Charlemagne ….), le chardonnay s’est répandu largement en France et dans le monde. Les surfaces plantées en chardonnay ont quasi doublé en France entre 1988 et 1999 et se développent à vive allure dans le monde pour bientôt dépasser les 150.000 ha. Les plants de chardonnay sont aujourd’hui, la variété la plus vendue par les pépiniéristes.

On dit que le chardonnay rend tout le monde heureux, du vigneron, au consommateur, car il s’adapte à de nombreux terroirs et climats et donne des vins agréables et appréciés. Le chardonnay est recherché pour sa capacité à produire des vins fins avec de la puissance aromatique. Mais en raison de cette diversité des terroirs et des conditions climatiques, on peut s’attendre à des expressions variées et différentes de la typicité bourguignonne.

Les onze vins proposés à la dégustation proviennent de sept pays et de quatre régions françaises, la Bourgogne étant représentée par un vin. Ces vins se trouvent dans le commerce à un prix compris entre 10 et 15 € afin de garder une certaine homogénéité et de comparer ce qui est comparable. Ils sont relativement jeunes (2001 à 2004) sauf pour l’un d’eux, (qui date de 1996). La dégustation a eu lieu en aveugle, dans cet ordre, en verres Spiegelau Expert.

Hartenberg Stellenbosch Afrique du Sud 2002 (9,60 € ) 
Robe jaune pâle, limpide et brillant. Nez assez puissant, notes boisées, arômes d’agrumes (pamplemousse), bonne vivacité en bouche, peu de gras. Ses éléments ne se fondent pas bien d’où un certain manque d’harmonie avec un boisé sensible.

Manzanitta Canyon Californie USA 2003 (7,80 €) 
Jaune pâle, brillant et clair ; premier nez évoquant plutôt le sauvignon puis notes de poivron vert évoluant vers les fleurs blanches, les épices douces. Bouche ronde avec cependant ce qu’il faut d’acidité, finale minérale, assez persistante. Avis partagés car certains le trouvent plutôt mou et manquant de la typicité du chardonnay.

Te Mata « Woodthorpe » Hawkes Bay Nouvelle-Zélande 2004 (13,10 €) 
Robe paille clair, brillant et limpide. Bonne intensité olfactive, notes grillées et briochées, puis arômes de fleurs blanches et de citron. Attaque franche, belle acidité. Élégant, minéral et long. Certains lui trouvent une finale un peu amère.

Château Revelette « grande cuvée », VdP des Bouches-du-Rhône, 2003 (15 €) 
Robe d’un doré léger. Nez aux notes d’acacia, de miel, de violette. Attaque ronde, vin plutôt gras, aux notes briochées et pain d’épices. Manque d’acidité et un peu chaud en finale (est-ce l’effet du millésime de la canicule ?).

Yarden « Odem » Galilée Israël 2002 (15,20 €) 
Robe jaune pâle avec nuances dorées, limpide. Nez intense d’agrumes, d’abricot, de bergamote. Ample en bouche, notes de nougats et de réglisse. Bien apprécié par le groupe même si on peut lui trouver un petit manque d’acidité.

Domaine Chantal Lescure Côtes de Beaune 2002 (10,50 €)
Jaune pâle. Nez discret, minéral avec des notes de pierre à fusil. De la fraîcheur en bouche, peu de volume, un peu fermé. Certains lui prédisent du potentiel.

Castillo di Ama “Al Poggio” Toscane Italie, 2001 (14,30 €) 
Robe dorée pale. Premier nez floral puis arômes de fruits blancs. Attaque nette puis belle fraîcheur avec de la longueur. Mal perçu par le groupe, certains évoquent le lard fumé, d’autres le trouvent simple.

Casa Lapostolle « Alexandre » Casablanca Valley, Chili 1996 (11,80 €) 
Doré soutenu. Nez intense avec des notes évoluées de toasté, de champignon, de fruits secs. Bouche ample avec cependant de la fraîcheur, arômes d’amandes grillées, d’abricot et de melon confit. Un vin opulent.

Domaine de la ColombetteDomaine de la Colombette « ½ muid » Vin de Pays d’Oc 2001 (13 €) 
Doré d’intensité moyenne. Nez toasté évoquant le poivron grillé ou la peau de volaille pour certains. Mêmes types d’arômes en bouche avec évocation de caramel. Peut-être un léger manque de vivacité.

Wijnkasteel Genoels-Elderen «chardonnay wit  » Hesbaye, Belgique 2001 (11,90 €) 
Couleur dorée pâle. Nez discret de fleurs blanches avec des notes d’acacia, de miel et de mirabelle. Bouche d’une bonne fraîcheur, notes de fruits acidulés, d’agrumes. Un vin bien tenu par l’acidité avec des arômes fins.

Château d’Or et de Gueules « le Cep de Diane »  VdP du Gard 2001 (10 €)
Couleur vieil or soutenu. Nez intense de fruits secs, d’épices douces avec des notes poivrées et de cire. Bouche avec des arômes évolués, saveurs d’écorces d’orange. Manque peut-être un peu d’énergie car vin ensoleillé ; on pense à une vendange un peu sur mûrie.

Le repas servi à l’issue de la dégustation, signé par Denis Roubaud, se composait  d’un « dos de cabillaud au beurre de tomates, riz blanc et julienne de petits légumes » suivi d’une « oreillette de poire caramélisée dans une feuille fine de galette de blé et crème à la réglisse et chocolat noir ». Trois vins ont accompagné en bon accord ces plats :

Cave de Sieur d’Arques « Toques et Clochers » Haute-Vallée Limoux, 2000 

Cave de Sieur d’Arques « Toques et Clochers » terroir d’Autan Limoux, 2000 

Domaine La Clotte Fontanes, « Bathilde » VdP d’Oc, 2003 

À signaler que le dernier vin dégusté (le Cep de Diane 2001) s’est aussi révélé parfaitement adapté aux deux plats.

Commentaires de Igor Gourevitch

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